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LES WOOLIES, OU COMMENT S’ENVOYER EN LAINE !

01 décembre 2014
TEXTE JULIE TERRASSON
PHOTOGRAPHIE CHRISTINA OPELDUS

Woolie, 2012. © Christina Opeldus

Il n’y a pas que le cuir, le vinyle et le latex dans le monde méconnu des fétichistes de la matière. Pour les Woolies, rien n’est plus érotique que… la laine vierge !

Agés de 20 à 70 ans, pour la plupart des hommes, ils seraient plus de 10 000 adeptes dans le monde. Amateurs de jolies femmes vêtues de pull-overs à col roulé ou friands de pelotage dans ces matières pelucheuses, ces amants de la maille vivent leur fétichisme dans le plus grand secret, osant à peine porter une écharpe moelleuse en public, ni avouer leur culte à leur conjoint.

Qu’elle soit de mouton, de chèvre, de lapin, douce ou grattante, la laine fait pourtant fantasmer depuis belle lurette ! En 1953, dans son film Glen or Glenda, le réalisateur de séries Z Ed Wood racontait son penchant pour le travestissement, mais aussi pour l’angora.

C’est avec la venue d’internet, que ces frileux qui n’ont pas froid aux yeux font leur « coming out » ! La Toile garantissant l’anonymat, cachés sous des pseudos explicites comme « Mohair Damour » ou « Ango- hair », les Woolies peuvent ainsi s’exhiber parfaitement emmaillotés et poster des annonces dans l’espoir de, peut-être un jour, s’envoyer en laine !
Fétichisme écolo et confortable pour certains, la « laine » rime avec SM pour d’autres. Elle ne sert pas seulement à caresser, chatouiller et à s’emmitoufler chaleureusement, mais est aussi un parfait outil pour qui sait ligoter… Les fétichistes les plus téméraires s’adonnent, seul ou à plusieurs, à la pratique du bondage laineux, emprisonnant le corps en entier des pieds jusqu’à la tête, telle une momie.

KNUTI « VIT EN TANT QUE MÉMOIRE VIVANTE DE KNUT »…

Woolie, 2012. © Christina Opeldus
Non loin de Hambourg, Knuti, 46 ans, passe la majorité de son temps engoncé dans son costume en laine aux allures de « Knut », l’ours polaire du zoo de Berlin décédé l’an passé.

Comme la plupart des Woolies, il a découvert son penchant pour les matières duveteuses pendant sa tendre enfance.
Marié depuis dix-huit ans à Biggi, leur relation prend une tournure particulièrement sado-maso il y a cinq ans, lorsque Knuti perd son emploi tandis que sa femme fait carrière dans une agence de pub. Après avoir signé un contrat chez un ami notaire, stipulant qu’ils n’auraient pas plus de cinq relations sexuelles par an jusqu’en 2015, Knuti se retrouve contraint par sa femme dominatrice de faire le ménage à la maison toute la journée en costume de Nounours géant.

Sous son apparence plutôt câline, Knuti vit dans un monde de restrictions: il porte une ceinture de chasteté et un cadenas autour du cou l’empêchant d’ôter sa combinaison dont seule sa femme a la clef, ses pouces sont liés et un tout petit trou à la bouche lui permet de ne boire qu’avec une paille. Pour les besoins naturels, Knuti porte des couches !
Woolie, 2012. © Christina Opeldus

POUR LADY MOHAIR
« LE FÉTICHISME DE LA LAINE EST LE PLUS DOUX ET LE PLUS GENTIL AU MONDE »
En Allemagne, dans la petite ville médiévale de Winsen, se trouve le QG de Lady Mohair, la tricoteuse et créatrice de mode en chef de la tribu des Woolies. A 47 ans, Alla Haag, alias Lady Mohair, est devenue une véritable icône pour les accros de la laine après avoir découvert leur existence par hasard sur le net il y a cinq ans. Ancienne comptable, se voyant débordée de commandes du monde entier, elle décide il y a deux ans d’arrêter son ancien travail pour se consacrer entièrement au Tricot Fetish 100% fait main.

Dans son appartement de Winsen, elle garde précieusement près de 60 000 euros de pelotes de laines en tout genre, de quoi tricoter la panoplie complète de plus d’un parfait Woolie. Si la combinaison intégrale, à porter nu en dessous, comportant souvent un trou entre les jambes… peut coûter jusqu’à 7000 euros, le Balaclava ou « passe-montagne », n’excédera pas 50 Euros. Quant aux « Willy Warmers », les réchauffeurs de pénis en VF, ils sont à portée de toutes les bourses !

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Prussian Blue

Une revue se définit avant tout par sa ligne éditoriale. Celle de Prussian Blue est singulière : montrer au public ce qu’il ne voit pas d’ordinaire... @lemondedelart

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