Le Paris chic de Frank Horvat

Le Paris chic de Frank Horvat

Intitulée Frank Horvat. Paris, le monde, la mode, l’exposition organisée par le Jeu de Paume autour de l’œuvre du photographe est visible jusqu’à dimanche. Pour cette première grande exposition consacrée à Frank Horvat depuis son décès il y a trois ans, la commissaire Virginie Chardin a réuni près de 170 tirages qui font la part belle au Paris chic des années cinquante-soixante. En effet, si Horvat a réalisé de nombreux photoreportages autour des cabarets et de la prostitution, il a aussi accompagné de son objectif la haute couture française, l’univers luxueux d’Hubert de Givenchy (Chapeau Givenchy, Paris, pour Jardin des Modes, 1958) et de Coco Chanel (Coco Chanel se cachant pour voir son défilé, Paris, pour Jours de France, 1958).

Intégrant, grâce à son collègue William Klein, le journal Jardin des Modes, il y immortalise les mannequins Tan Arnold (Tan Arnold au Chien qui fume, 1957) et Simone d’Aillencourt (Simone d’Aillencourt à la gare de Lyon, 1959). Rejoignant ensuite l’équipe de Jours de France, il sublime Monique Dutto (Monique Dutto à la sortie du métro, 1959) et la future actrice Anna Karina (Anna Karina aux Halles, 1959). Embauché enfin par Harper’s Bazaar, le photographe d’origine italienne réalise quelques clichés à Rome pour la haute couture italienne (Deborah Dixon sur les marches de la piazza di Spagna, 1962, Deborah Dixon et Federico Fellini, 1962) mais aussi à Paris sur la terrasse du mythique Café Flore avec l’actrice Carol Lobravico (Carol Lobravico au café de Flore, 1962).

L’exposition présente ces images patiemment construites en regard de clichés de foule parisienne se pressant dans les rues étroites et les halls de gare. Ce faisant, elle met en évidence l’esprit de reportage qui a fait le succès des photographies de mode d’Horvat. « Si le photojournalisme montre les choses telles qu’elles sont, la photo de mode les montre comme on voudrait qu’elles soient » écrit-il dans Sa Chronique de mes appareils photo. Ces images naturelles de femmes joyeuses et élégantes semblent réunir les deux. Elles sont à voir jusqu’au 17 novembre et, pour ceux qui n’auraient pas le temps de se rendre au Jeu de Paume d’ici là, un catalogue richement illustré accompagne l’exposition.

 

En ouverture: Frank Horvat, Grand magasin, Tokyo, Japon, 1963, Tirage argentique d’époque © Studio Frank Horvat, Boulogne-Billancourt