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« OFF TO OUAGA », LEILA ALAOUI PAR SON PÈRE

21 mars 2018

TEXTE GUILLAUME DE SARDES

PORTRAIT LEILA ALAOUI

 

Le 18 janvier 2016, la photographe Leila Alaoui meurt à Ouagadougou des suites de blessures par balle. Elle a trente-quatre ans. L’émotion suscitée par cette disparition est immense, dépassant largement le monde de l’art. Beaucoup de choses sont écrites, les hommages se succèdent.

Trois ans plus tard, dans Off to Ouaga, Journal d’un deuil impossible (Éditions Hermann), son père Abdelaziz livre le récit de ce drame, jour par jour, presque heure par heure. Dans un style d’une simplicité touchante, sans effets, il retrace ses derniers moments passés avec elle, la manière dont il apprend l’attentat, comment il se démène, avec sa famille et ses amis, pour rapatrier Leila en France, l’annonce de sa mort, son enterrement.

On sait que Cicéron avait écrit un texte (aujourd’hui perdu) à la mort de sa fille : Consolatio, c’est-à-dire « la consolation ». La peine d’ Abdelaziz Alaoui a-t-elle été allégée grâce à la littérature ? Ce serait prêter à celle-ci un pouvoir qu’elle n’a sans doute pas… Mais à lire ce texte si sincère, on devine qu’écrire aura au moins permis à Abdelaziz Alaoui d’approcher sa fille, de s’en souvenir d’une autre manière. Off to Ouaga n’est pas une consolation, mais peut-être bien une méditation.

 

Abdelaziz Alaoui, Off to Ouaga, Journal d’un deuil impossible, Paris, Éditions Hermann, 2018, 166 pages, 18 euros.

Adbelaziz Alaoui à Marrakech photographié par sa fille Leila Alaoui.

 

A propos de l'auteur

Guillaume de Sardes

Guillaume de Sardes est écrivain, photographe et vidéaste. Il dirige la rédaction de Prussian Blue.

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