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DE “HOME TOWN” À “ATLAS”, APERÇU SUR L’ITINÉRAIRE D’ANTOINE D’AGATA

03 février 2016

TEXTE GUILLAUME DE SARDES

C’est à Marseille, ville matricielle, où il est né en 1961, qu’Antoine D’Agata a repris la photographie après quatre années d’interruption. C’était la fin des années 90. Certains clichés réalisés à ce moment-là ont été réunis dans un livre, Home Town. Les photographies sont en noir et blanc. Elles parlent d’errance, de sexe et de drogue – de franchissement des lignes. La ligne de la bonne conduite et des usages tracée par la société, mais surtout celle séparant ordinairement le photographe de son sujet. Antoine D’Agata dit « avoir cherché à vivre avec ceux que jusque-là la photographie s’était contentée de voir. »2300KFDPRW=0.00 GW=0.00 BW=0.00 RB=9.99 GB=9.99 BB=9.99Topaz2
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Quinze ans plus tard, en 2014, il réalise Atlas, un film de 76 min, consacré à des prostituées du monde entier, figures post-modernes de Piéta hésitant entre l’extase et la souffrance. Là encore des limites sont franchies : celles propres au médium photographique. Les cadres sont fixes, mais la vidéo permet d’enregistrer le mouvement et surtout les voix. Des voix dans toutes les langues, qui donnent à Atlas une dimension universelle, des témoignages d’une déchirante beauté.

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Atlas

Rapprocher ces deux travaux distants de plus de quinze ans permet de souligner en creux l’itinéraire artistique d’Antoine D’Agata : « Dans ma jeunesse, j’ai passé un nombre incalculable de nuits dans les rues ; et les rues ont fini par moins m’intéresser. Je suis allé dans les bars et dans les chambres ; l’espace s’est peu à peu resserré. Puis je me suis concentré sur les corps. Et, de l’acte sexuel, je suis passé à ces quelques secondes au cours desquelles le visage se tend. Avec Atlas, j’ai cherché à passer à autre chose sans me trahir. La découverte de la fonction vidéo de mon appareil photo m’y a aidé en m’ouvrant des espaces nouveaux. » De la photographie de rue, donc, à la vidéo d’art. Mais si les moyens plastiques et les intentions ont pu changer, l’œuvre d’Antoine D’Agata au fil des années repose sans cesse la même question : celle du rapport impur entre document et intimité.

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A propos de l'auteur

Guillaume de Sardes

Guillaume de Sardes est écrivain, photographe et vidéaste. Il dirige la rédaction de Prussian Blue.

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A propos du photographe

Antoine D'Agata

Membre de l'agence MAGNUM, internationalement reconnu, Antoine d'Agata est un photographe et vidéaste. Il est l'auteur d'une trentaine de livres, de deux courts métrages et de trois longs métrages.

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